Parcours d’un cadet Jean-Christophe Voyer (À lire)

Mon parcours de cadet

Je suis l’élève-officier Jean-Christophe Voyer et j’ai 18 ans. Je me suis joint
au Corps de cadets 2898 de Sainte-Marie de Beauce en novembre 2013.
Lors de ma première année, je ne m’identifiais pas vraiment à un
programme précis.

2014 : Lors de mon camp de 2 semaines (instruction générale), j’ai dit à
mon père que je ne ferais pas de camp l’année suivante, parce que je
n’aimais pas ça. Mais à la fin de mon camp, mon commandant de peloton
m’a annoncé que j’avais reçu le prix du meilleur tireur de mon peloton.
Cette petite tape sur l’épaule fut le départ d’une carrière remplie
d’aventures.

2015 : J’ai donc joint l’équipe de tir de mon corps de cadets et j’ai tout de
suite démontré mes qualités d’athlète. Un athlète pour moi est quelqu’un
qui se présente aux pratiques, qui se met à la tâche, qui suit les conseils de
son entraineur et qui lui donne des « feedbacks ». Grâce à mes qualités
d’athlète, j’ai vu une énorme amélioration dans mes aptitudes de tireurs.
J’ai pu participer au championnat provincial où j’ai terminé 26/52 chez les
juniors et 82/118 au total. À la fin de mon étoile rouge, j’ai reçu le prix du
meilleur tireur junior de mon CC. À l’été, je me suis dirigé à Valcartier pour
un camp de tir élémentaire de 3 semaines. Lors de la compétition de fin de
camp, j’ai terminé premier de la ronde de qualification et je me suis qualifié
pour la finale. Cependant, lors de cette finale, j’ai fait face à quelque chose
avec lequel je n’étais pas familier : la foule. J’ai paniqué un peu et j’ai reçu
la cinquième place. J’ai alors décidé que l’année suivante, j’allais travailler
ma concentration et le contrôle de mes émotions. J’ai aussi reçu le prix du
meilleur cadet de mon cours de tir élémentaire. Autres qualifications :
Régional : médaille d’or en équipe, médaille d’argent junior individuel.
DCRA 3.6 (individuel, debout, civil, national) : 3e position, qualification
« maitre » du DCRA., DCRA 3.5 (équipe, debout, civile, national), 2e
position.

2016 : Lors de mon étoile argent, j’ai continué de m’améliorer. Je suis
retourné au championnat provincial où j’ai vu une nette amélioration : 10e
junior et 44e au total. J’ai encore remporté le prix du meilleur tireur junior
de mon CC. Lors de l’été 2016, j’ai décidé de me concentrer sur tirer au lieu
de coacher. Je me suis donc dirigé vers Connaught, en Ontario, pour le
cours de tir gros calibre - phase 1. Sur ce cours, nous apprenons à tirer le
fusil C11 de calibre .223, aussi écrit 5.56x45mm, sur des distances de 300 à
600 verges. Nous devons donc apprendre à ajuster l’arme selon le vent, les
mirages et la distance. 80 des meilleurs tireurs cadets de partout au Canada
étaient présents. Pour se qualifier pour la phase 2, nous devions faire le
top 30. Le « National Canadian Fullbore Championship » (NCFC) était la
seule compétition, le seul moyen de passer à la prochaine phase. J’y ai
remporté 3 médailles d’or et 1 médaille de bronze. J’ai été sélectionné pour
la phase 2 en terminant 8
e au total. Autres qualification : Régional : 1er
classe ouverte, or en équipe, DCRA : Concours de tir pour la jeunesse du
Commonwealth (équipe, couchée, international) 2e position mondiale.

2017 : Maintenant cadet-sergent et tireur senior, je me suis de nouveau
qualifié pour le championnat de tir provincial où j’ai décroché une 18e place au total. Je me suis plus concentré sur le tir de groupement en position couchée, car j’avais un objectif en tête : Aller en Angleterre avec l’équipe nationale de tir des cadets de l’armée. Je suis donc retourné à Connaught prêt et « affamé ». La phase 2 est caractérisée par un changement d’arme, de calibre, de nombre de compétitions et de distance. Nous tirons donc le fusil C12 de calibre .308, aussi écrit 7.62x51mm, sur des distances de 300 à 1000 verges. Mon grand-père a malheureusement été diagnostiqué avec un cancer dès le début de mon camp. Je lui ai fait la promesse que j’allais aller en Angleterre. J’ai alors mis les bouchées doubles pour tenir ma promesse. La première compétition, le « Ontario Rifle association » (ORA) ne s’est malheureusement pas bien passé. Mais comme on dit dans le monde du tir : « On ne peut rien faire pour le dernier coup, donc on se concentre sur le prochain ». Mon grand-père est décédé après cette compétition. Malgré sa mort, au « National Canadian Fullbore Championship » (NCFC), j’ai gardé le focus et j’ai décroché une médaille d’or, une médaille d’argent et une 2e place au total sur mon cours phase 2. La dernière compétition était la « Dominion of Canada Rifle Association » (DCRA). Je n’ai pas fait de podium, mais j’ai réussi à garder une bonne position qui m’assurait une place sur l’équipe nationale. J’ai donc réussi, et c’est surement ma plus grande fierté, à tenir ma promesse à mon grand-père en terminant 3e sur mon cours. J’allais donc en Angleterre l’été prochain.

2018 : Je suis donc revenu comme cadet-adjudant à mon CC. J’ai
commencé a travailler très fort sur ma position couchée cette année-là.
Mon rêve arrivait enfin : l’équipe nationale de tir des cadets de l’armée.
Après une semaine de préparation à Connaught, nous sommes arrivées à
Bisley, en Angleterre. Pour les deux premières compétitions, nous avons
tiré avec l’arme utilisée par les cadets britanniques, la L81, du même calibre
que les nôtres. La « Inter Services Cadet Rifle Meeting » (ISCRM) est en
quelque sorte le championnat national des cadets britanniques. J’ai terminé
avec une 14e place individuelle et une 1re place en équipe. Ensuite nous
faisions le « School’s Meeting », une compétition avec des cadets
britanniques allant dans des écoles privées. J’ai fini 1er canadien et 28/424
au total. C’était maintenant le temps tant attendu, le « Imperial Meeting »,
le Championnat du monde de tir gros calibre. Après la première journée,
j’ai été positionné 16e au total sur la planète. Le lendemain, il y a eu un
problème avec le matériel qui m’a fait descendre de la 16e à la 400e place.
Comme j’ai dit : « On ne peut rien faire, donc on se concentre sur la
prochaine. » C’est ce que j’ai fait et j’ai réussi à remporter 3 médailles d’or,
1 médaille d’argent et 3 médailles de bronze, dont une troisième place sur
près de 900 compétiteurs en quart de final, une 3e place au total dans ma
catégorie et une médaille d’or dans la catégorie « 19 ans et moins ». J’ai
malheureusement manqué la qualification pour la finale par 1
pt/150pts. Lors de notre voyage, nous sommes visités Londres, Vimy,
Beaumont-Hamel, en France et Ypres, en Belgique pendant une semaine.
Nous sommes ensuite revenus au Canada afin de participer à l’ORA, qui ne
s’est pas encore très bien passé pour moi. Cependant, il ne me restait
qu’une seule compétition pour maintenir ma première place sur l’équipe.
J’ai donc réussi à aller chercher 2 médailles de bronze et une deuxième
place canadienne. Avec tous ces bons résultats, j’ai réussi à atteindre ce
que je pensais impossible : être le meilleur tireur du mouvement des cadets
de l’armée du Canada. Mon nom est donc écrit sur le trophée duLieutenant-général Charles-Henri-Belzile, ce qui est une énorme fierté
reflétant tous mes efforts. Autres qualifications : Mérite sportif beauceron,
catégorie tir. Régional : argent en équipe et or en individuel, classe ouverte

2019 : Il ne me restait qu’une seule qualification à aller chercher, soit une
cible parfaite de 100 %. J’ai mis cœur et âme afin d’atteindre cet objectif.
Juste avant le championnat provincial, j’ai enfin réussi une cible de 100 %.
Lors du championnat provincial, j’ai réussi à monter sur le podium en
position couchée avec une 3e place et une 13e place au total combiné. J’ai
aussi soumis ma candidature au gala du Mérite sportif beauceron qui
récompense les meilleurs athlètes de ma région. J’ai gagné dans la
catégorie « autres disciplines », mais j’ai surtout remporté la deuxième
place, toutes disciplines confondues, tout juste derrière un athlète
olympique.
Maintenant : Je me suis donc enrôlé le 4 juillet 2019 comme officier
d’artillerie dans les Forces armées canadiennes. Je suis muté au Collège
militaire royal de Saint-Jean dans le programme de sciences humaines.

La morale de tout ça : « Profitez de toutes les opportunités que le
mouvement des cadets peut vous offrir. Ayez des modèles. Absorbez les
victoires et les défaites pour les transformer en forces. Ayez des objectifs
réalistes, mais voyez grand. Travaillez tous les jours pour être la meilleure
version de vous-même et, le plus important, concentrez-vous seulement
sur la prochaine balle. »

Un merci spécial à mon entraineur Guillaume Paré pour toutes ces années
et au programme des cadets pour avoir changé ma vie.

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